Recherche sur le cancer : la Fondation Rennes 1 a besoin de vous !

Mieux comprendre le cancer pour mieux le guérir, c’est l’ambition des recherches menées dans le cadre de la Chaire Cancer et innovation - Fondation Rennes 1. Pour poursuivre les travaux amorcés depuis 2 ans autour de la chaire, la fondation a besoin de votre soutien.
Simon Léonard, chef de projet en bio-informatique au sein de la chaire Cancer et Innovation, Sophie Langouet Prigent, vice-présidente Fondation Rennes 1, et Thierry Lamy de la Chapelle, titulaire de la chaire

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Rennes figure comme un pôle d’excellence dans le domaine de la recherche sur le cancer. Les synergies entre laboratoires permettent d'appréhender davantage la maladie et ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques.

Depuis 2 ans, une recherche pluridisciplinaire mêlant expertises en santé et en bio-informatique a permis à la Chaire Cancer et Innovation de belles avancées. Pour poursuivre ce travail, la Fondation Rennes 1 a besoin de dons. Particuliers, entreprises, organisations, votre soutien est précieux !

Captation de l'événement

Vendredi 3 octobre 2020, à l’occasion d’une soirée conférence consacrée à l’avancée des travaux en cancérologie menés au sein de la chaire, Thierry Lamy de la Chapelle, titulaire de la chaire, professeur d'hématologie à l'Université de Rennes 1 et au CHU de Rennes, a fait le point sur l’évolution de la recherche, en particulier sur le site rennais.
Simon Léonard, post-doctorant en bio-informatique au sein de la chaire, a quant à lui expliqué les travaux menés au sein de la chaire.

Le cancer en quelques chiffres

Le Professeur Lamy a tout d’abord présenté quelques données chiffrées sur le nombre de cancers en France. Avec 382 000 cas dénombrés en 2018, cela reste la première cause de mortalité dans notre pays. Il a précisé qu’une légère surmortalité avait déjà été établie dès les années 2000 dans notre région. A l’échelle nationale, le cancer de la prostate est celui qui domine, avec 60 000 nouveaux cas par ans, suivi du cancer du poumon – cancer qui a tendance à diminuer chez les hommes, mais qui reste très impactant pour les femmes, pour lesquelles il constitue aujourd’hui la deuxième cause de décès par cancer après celui du sein.

Rennes, pôle d’expertise sur le cancer

Illustrant la diminution globale de la mortalité au cours des 40 dernières années, Thierry Lamy de la Chapelle a expliqué le rôle de la prévention et des avancées de la recherche, en particulier depuis la mise en œuvre des plans cancer en 2003.

A Rennes, cette recherche s’est structurée par le biais notamment de la Fédération Hospitalo-Universitaire Cancer Microenvironnement et Innovation, au sein de laquelle recherche fondamentale et recherche clinique sont regroupées. « La FHU repose sur les réseaux cliniques – des professionnels qui sont impliqués dans le soin, sur des plateaux translationnels – qui sont des plateformes qui vont analyser des tumeurs sur le plan histologique et génétique et qui vont permettre de collecter tous les échantillons, et puis sur des équipes de recherche fondamentales associées à différentes thématiques Il s'agit donc d'un continuum entre la recherche fondamentale et la recherche clinique. Pour quelques tumeurs, on a réellement un niveau d'expertise important sur le site rennais ».

Conférence Thierry Lamy de la Chapelle

Les nouvelles thérapies du cancer

Des thérapies ciblées qui connaissent un essor considérable

En matière de traitement, les thérapies dites ciblées connaissent un développement important depuis une vingtaine d’année. Ces molécules intelligentes sont ciblées sur certaines zones de la cellule cancéreuse et n’affectent pas les cellules normales. « Cela peut être à la surface pour empêcher un signal qui pourrait accélérer la croissance de la tumeur, cela peut être pour bloquer un récepteur qui vient stimuler la croissance de la tumeur, ou bien la molécule va parfois entrer à l'intérieur du noyau et bloquer la multiplication de la cellule. » explique le professeur Thierry Lamy.  Certains cancers ont été transformés par l'usage de ces thérapies. C’est le cas par exemple de la leucémie chronique.  Jusque dans les années 2000, le seul traitement curateur pour ce cancer consistait à réaliser une greffe de moelle. Avec l’arrivée de ces nouvelles molécules, le traitement s’est considérablement allégé. « C'est juste un comprimé par jour et ça guérit plus de la moitié des gens, certains sont même amenés arrêter le traitement et ne voient pas récidiver la maladie ».

 

L’immunothérapie, autre avancée dans la recherche de nouveaux traitements

Un second pan de la recherche de nouveaux traitements concerne l’immunothérapie, et l’expertise du site rennais est particulièrement reconnu dans ce domaine. « C'est un peu un changement de paradigme - explique Thierry Lamy - parce qu'au lieu de s'attaquer à la cellule cancéreuse, on va essayer de s'attaquer aux cellules environnantes qui par défaut de fonctionnement vont favoriser la croissance de la cellule cancéreuse. Par cette approche on vient modifier le comportement des lymphocytes, et on peut aussi les transformer pour les rendre plus intelligents ». Les résultats cliniques au cours des dernières années illustrent les progrès réalisés dans ce domaine. Dans le cas du mélanome par exemple - qui est une tumeur fréquente développant le plus souvent des métastases - l’apport d’un anticorps immunologique produit un gain extraordinaire. « Ces médicaments sont maintenant utilisés en première ligne dans ce type de maladie avec des résultats qui sont beaucoup plus satisfaisants que ceux que l'on obtenait il y a à peine 10 ans avec de la chimiothérapie. Il en est de même pour le cancer bronchique, pour lequel le gain de survie obtenu est de 30% ce qui est vraiment considérable. » Les cellules CAR-T  font partie de cette famille de traitements. La modification génétique de lymphocytes prélevées sur le patient permet de leur faire acquérir une mémoire immunitaire capable de reconnaitre les cellules cancéreuses comme des cellules à éliminer. « A Rennes nous avons été le 4ème centre en France à développer cette technique et maintenant il y a une vingtaine de centres labellisés. » précise Thierry Lamy. Si les prélèvements sont réalisés à Rennes, les cellules subissent ensuite un long cheminement passant par les Pays Bas et les Etats-Unis, avant d’être réinjectées au patient. Le circuit s’étale sur 3 à 5 semaines, ce qui explique aussi le coût encore extrêmement élevé de ce type de traitement. « Mais un centre de production va ouvrir très prochainement en France, ce qui simplifiera significativement la procédure » assure Thierry Lamy. Ces approches sont utilisées pour certains types de cancers – les leucémies et les lymphomes plus particulièrement. Là encore, les chercheurs rennais innovent, puisque des essais sont mis en place actuellement pour transposer le traitement pour le cancer du foie – cancer pour lequel il n’y avait malheureusement jusqu’ici aucune véritable stratégie de traitement.

Innovation à l’échelle de la cellule unique

Enfin, dans les laboratoires rennais, et en lien direct avec la chaire de la Fondation Rennes 1, les chercheurs s’intéressent à l’analyse de la tumeur. « Dans une optique de mieux comprendre le cancer pour mieux le traiter, on utilise encore beaucoup d'analyses qui se font à l'échelle globale, où on va travailler sur la totalité d'une tumeur. Derrière cela, il y a une hypothèse qui considère que la tumeur est une population de cellules homogènes. Or on s'est rendu compte que ce n'est pas le cas, et qu'une tumeur c'est très hétérogène, avec des populations de cellules cancéreuses qui peuvent être différentes, et aussi un micro-environnement complexe avec lequel elle communique. » explique Simon Léonard, jeune chercheur expert en bio-informatique recruté sur le projet. Cette équipe a eu l’idée d’isoler les cellules de la tumeur, et de travailler à l’échelle de la cellule unique. « Quand on réalise ce genre d'expérience, on se retrouve avec des jeux de données très importants, qui nous permettent d'obtenir des profils géniques correspondant à plusieurs dizaines de milliers de gènes pour plusieurs milliers de cellules - de 1000 à 100 000 cellules généralement. Ces données sont importantes quantitativement, et très complexes. Mais si on parvient à les analyser, on peut en tirer de nombreuses informations. On peut notamment distinguer les cellules cancéreuses des cellules du micro-environnement, et pour chacune de ces deux catégories, obtenir de nombreuses informations sur la composition de la tumeur, l'abondance de chaque population, l'agressivité de certaines populations tumorales, des profils métastatiques etc. » précise le jeune chercheur. Deux laboratoires de Rennes sont mobilisés autour de ces travaux, l’un qui s'intéresse au cancer du rein (IRSET), et l’autre au lymphome (MICMAC).

Ces travaux pionniers ont abouti à la création d'un atlas de toutes les populations cellulaires repérées, avec une hétérogénéité décrite pour chaque tumeur, mais aussi entre les tumeurs de chaque patient. « C'est particulièrement important notamment dans la perspective de pouvoir analyser des tumeurs primaires ainsi que les métastases, et à terme, de mieux prendre en charge les patients » conclut Simon Léonard.

Les résultats sont représentés par le biais de nuages de points (un point correspondant à une cellule).Chaque amas coloré représente une population cellulaire différente.

Perspectives

La démarche continue de structuration de la recherche en cancérologie initiée sur le site rennais doit aboutir à la création d'un Institut régional de cancérologie. « Cet institut réunira toutes les forces, à la fois cliniques, dans le domaine des filières de soins, mais également dans le domaine de la recherche et des laboratoires ».  Il conclut : « Toute recherche nécessite des financements : financements des chercheurs, des techniciens de recherche, des structures, du fonctionnement. Cela ne peut être fait que grâce aux concours de tous nos partenaires, et je remercie spécifiquement la Fondation Rennes 1, le Comité 35 de la Ligue contre le cancer, et l’ensemble des particuliers, grâce auxquels la mise en place de cette chaire d'innovation en cancérologie a pu être réalisée ».

Patrick Bourguet, nouvellement élu Président du Comité 35 de la Ligue contre le cancer a aussi saisi l’occasion de cette conférence pour renouveler son soutien aux équipes rennaises. « Mon profil professionnel laisse penser que je serai moi aussi un soutien dans le domaine de la recherche, et je m’engage à ce que le Comité d’Ille-et-Vilaine soit toujours aussi proche des chercheurs » a-t-il indiqué. Jean-Marc Gandon, président de la Fondation Rennes 1 a quant à lui annoncé l’ouverture d’une nouvelle campagne de dons par la Fondation Rennes 1 pour permettre la poursuite des travaux. « Il s'agit d'un point d'étape, car la Fondation Rennes 1 souhaite poursuivre et garder ces compétences qui apportent beaucoup aux équipes de recherche. Nous mènerons une nouvelle campagne pour poursuivre ce programme".