Prix de la recherche Fondation Rennes 1, édition 2020

Mercredi 14 octobre 2020, la Fondation Rennes 1 a remis son Prix de la Recherche 2020 à Jean-Pierre Bazureau, Professeur à l’Université de Rennes 1. Cette distinction vise à mettre en lumière les travaux d’une équipe de chercheurs de l’Université de Rennes 1, répondant aux critères d’excellence académique et d’innovation en lien avec le monde socio-économique. Leurs travaux portent sur la découverte d’une molécule issue d’une éponge marine, capable de lutter contre la maladie d’Alzheimer.
Jean-Pierre Bazureau, Professeur à l’Université de Rennes 1, Prix de la recherche 2020 - Fondation Rennes 1

On compte aujourd’hui 900 000 personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer en France et plus de 30 millions dans le monde. A l’horizon 2050, on estime ce nombre à plus de 2 millions au national et près de 100 millions au niveau mondial. Bien que cette pathologie n’ait pas de remède à ce jour, des traitements peuvent agir sur les troubles cognitifs et comportementaux spécifiques à cette maladie.

Des avancées médicales permises grâce aux bio-ressources

En matière de nouvelles molécules pour l'industrie pharmaceutique, la mer et plus particulièrement les éponges marines, ont offert des possibilités d'innovations inattendues. Au sein de l’Institut des sciences chimiques de Rennes (Université de Rennes 1/CNRS/ENSC Rennes/INSA Rennes), Jean-Pierre Bazureau et François Carreaux travaillent depuis 16 ans sur la Leucettamine B, molécule présente dans la Leucetta microraphis, une éponge marine du Pacifique Sud. Cette petite molécule a été la source d'inspiration pour la conception d'une nouvelle famille thérapeutique, les leucettines.

Grâce à une collaboration académique et industrielle avec la Station Biologique de Roscoff, et en partenariat avec Laurent Meijer, biologiste des protéines kinases de renommée mondiale et directeur de l’entreprise Perha Pharmaceuticals, ces travaux d'innovations thérapeutiques ont mis en évidence que ces molécules appelées leucettines offrent d'excellentes aptitudes de régulation d’une des protéines responsables des déficits cognitifs de la trisomie 21 et de la maladie d’Alzheimer, l’enzyme « dyrk1A ».

La trisomie 21 pour comprendre Alzheimer

Pour comprendre la maladie d’Alzheimer, les chercheurs se sont basés sur le fonctionnement de la trisomie 21. « Chez l'homme, 518 protéines (kinases) servent à réguler la vie des cellules. Lorsqu’elles sont suractivées, cela induit des pathologies » explique Jean-Pierre Bazureau. Parmi elles, la protéine "dyrk1a" occupe une place particulière car elle est présente en quantité anormale sur les 3 chromosomes de la trisomie. « Quand « dyrk1A » est suractivée, elle déclenche donc des symptômes tels que la difficulté de mémorisation et de localisation spatiale et temporelle. »

Un démarrage des essais cliniques en 2021

L'injection des leucettines sur souris porteuses de trisomie 21 montre une nette amélioration des comportements cognitifs et une stabilisation des problèmes de mémoire. Ces résultats ouvrent des perspectives prometteuses de sélection à court terme d'un candidat médicament pour des essais cliniques. Ces premiers essais débuteront en 2021.

Après un premier brevet obtenu en 2007 et un second très prochainement, les travaux de Jean-Pierre Bazureau et son équipe peuvent désormais passer à la vitesse supérieure.

Reportage sur les travaux de recherche

En résumé

  • Le Prix de la recherche – Fondation Rennes 1 : appel d’offre lancé auprès de l’ensemble des chercheurs de l’Université de Rennes 1 dans toutes les disciplines. C’est la 5e édition en 2020.
  • Dotation : 20 000€
  • Laboratoire : Institut des Sciences Chimiques de Rennes - la plus grande unité CNRS de chimie en France - qui regroupe l’Université de Rennes 1, le CNRS (Centre national de la recherche scientifique), l’ENSC Rennes (Ecole nationale supérieure de chimie de Rennes), et l’INSA Rennes (Institut National des Sciences Appliquées de Rennes)
  • Equipe récompensée : Chimie Organique et Interfaces (COrInt)